I've Never Been There





Ici tout est encore vide. Les murs blancs semblent n'avoir jamais vécus. Aucunes traces de peinture ou de mains d'enfants. Ici tout est vide, même les cadres. On a rangé les colonels à moustache du XIXe siècle et les photos d'enfance dans les cartons. Les objets sont inertes. La lampe de cuivre et le chevalet de bois trônent dans la pièce. Il est encore tôt, le ciel se lève, et je commence ma première danse comme pour donner vie à notre futur foyer.






J'ai suspendu le tissu noir tel un linceul sur un objet sacré. Ce simple tissu est devenu un rituel de création, semblable à une clé secrète qui ouvre le coffre de mon imagination. J'ai retrouvé ma robe de marié rangée dans les caisses. La soie et la dentelle m'ont rappelé cette nuit étoilée du 24 juin, où je dansais sans relâche sur un air de Yann Tiersen qui résonne comme un souvenir d'enfance : "I've Never Been There"... j'y ai ajouté quelques branches de bois trouvées lors d'une promenade d'après-midi d'hiver, une carte postale avec ma jolie rose, le bouquet d'Amour qui commence doucement à sécher et ce rouleau de papier qui attend le crayon pour le compléter. Quelques instants de silence puis, les notes de piano se font entendre dans la pièce...









Les notes de piano ont cessé de chanter. Je m'arrête de danser comme on se réveille d'un rêve. Je regarde les murs blancs, ils sont à nouveau muets. Vides.

Comme si je n'y étais jamais allée.

Copyright 2017 - Eléonore M